Le printemps me fait la cour

Molécules qui dansent dans la nuit,
De lumière est votre poussière,
Mes yeux qui virevoltent d’ennui,
Absentes les larmes de naguère.

Le guet a parlé, là-haut il a crié,
Au diable hier et le poids du passé,
Nouvelle heure, demain est arrivé,
Mes paupières refusent de se fermer.

L’une, puis l’autre, de noir vêtue,
Âmes en paix, hors de ma vue,
La ville entière s’endort et s’éteint,
Dans un coin gît le noir du chagrin.

Sur une pensée me concentrer, méditer,
Chasser tout intrus, au loin les impuretés,
En dedans, en dehors, du ventre respirer,
La victoire est de si courte durée.

Il coule dans mes veines, il est mon sang,
Irrigue mes extrémités qui se mettent à trembler,
Ça tord, ça broie, refuge de Satan,
Relent de ce mal dans mon corps infusé.

Une araignée tisse sa toile au-dessus de moi,
Légère, elle bâtit d’un fil sa volupté,
Nous sommes du même monde, n’est-ce pas ?
Ton espace-temps, cet univers m’est étranger.

L’aube déjà, et ses sommets décharnés,
Quelques minutes et le noir de s’en aller,
Me doucher, m’habiller, cloper et sortir,
Un pigeon chie sur le velux, sourire.

L’air est frais, ça pique, ça claque,
Avril se consume, encore trois jours,
Avec lui l’amertume, je jette le sac,
Ce matin, le printemps me fait la cour.

Auteur : Jonathan Rochat

Profane et sacré, représentations et appropriations, processus de radicalisation, écologie et monnaies durables, autant de questions auxquelles je n'ai pas de réponses. Quelques portraits et paysages les accompagnent, je crois y être sensible.

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